Date:février 08, 2016

La conversion de Francis Poulenc


Francis Poulenc et RocamadourAuteur, compositeur et pianiste français, est né le 7 janvier 1899
à Paris et commence très jeune l’étude du piano. Il effectue sa scolarité au lycée Condorcet et se fait remarquer à dix-huit ans avec une Rapsodie nègre. Il subit plusieurs influences, notamment celle de Claude Debussy dont le langage harmonique le séduit.

 

Mobilisé en 1914, il compose alors assez peu, excepté Le Bestiaire à partir des poèmes d’Apollinaire (1918-1919), son premier cycle de mélodies, un genre dans lequel il excellera par la suite. C’est à travers le pianiste virtuose Ricardo Viñes, dont il est l’élève, qu’il rencontre un autre compositeur qui l’influencera : Érik Satie ainsi que Georges Auric, Arthur Honegger, qui avec Louis Durey, Darius Milhaud et Germaine Tailleferre formeront le groupe de musiciens surnommé le « Groupe des Six », musiciens réunis par l’amitié et des goûts communs pour la mélodie populaire, le music-hall, le jazz, le cirque et l’humour.

En 1926, il rencontre le baryton Pierre Bernac, avec lequel il noue un lien particulièrement affectif. En outre c’est pour lui que Francis Poulenc composera la plupart de ses mélodies et qu’il accompagnera par ailleurs au piano à partir de 1935.

En 1928, il écrit Le Concert champêtre, œuvre pour clavecin et orchestre destinée à la grande claveciniste Wanda Landowska et dédiée à son compagnon, le peintre Richard Chanelaire.

L’année 1936 marque un tournant irréversible qui influencera toute sa vie et son Œuvre. Le 22 août alors qu’il profite d’un séjour de travail chez Pierre Bernac à Uzerche en Corrèze, il se rend à Rocamadour peu de temps après le décès de son ami Pierre-Octave Ferrou.

C’est ainsi qu’aux pieds de la Vierge Noire il se convertit, touché par la beauté et l’intimité qu’offrent les sanctuaires. Le soir même il pose les premières notes de ses Litanies à la Vierge Noire pour voix de femme et orgue.

A ce sujet Francis Poulenc écrit  : « Rocamadour acheva de me ramener à la foi de mon enfance. Ce sanctuaire, sûrement le plus vieux de France (Saint Louis s’y arrêta à son départ pour la Croisade), avait tout pour me subjuguer. Accroché en plein soleil dans une vertigineuse anfractuosité de rocher, Rocamadour est un lieu de paix extraordinaire […]. Précédée d’une cour, toute rose de lauriers en caisse, une bien modeste chapelle, construite à moitié dans le roc, abrite une statue miraculeuse de la Vierge, sculptée, selon la tradition, dans du bois noir par Saint Amadour, le petit Zachée de l’Evangile, qui dut grimper dans un arbre pour apercevoir le Christ. Le soir même de cette visite à Rocamadour, je commençais mes « Litanies à la Vierge Noire » pour voix de femme et orgue. Dans cette œuvre j’ai essayé de rendre le côté « dévotion paysanne » qui m’avait si fort frappé dans ce haut-lieu.A Rocamadour, je passe de longues heures dans le sanctuaire, seul en face de la Vierge sans péché et je reconçois tout à coup le signe indiscutable, le coup de poignard de la grâce en plein cœur. Jamais plus depuis ma croyance n’a faibli. »

A partir de 1937, il compose essentiellement des œuvres chorales religieuses (messe en sol majeur pour chœur mixte a capella, Gloria en 1959) , mettant sous la protection de la Vierge Noire des œuvres diverses comme « Figure Humaine », le «  Stabat Mater » (1950) […] ou l’opéra d’après les « Dialogues des carmélites », écrit en 1957.

Il décède le 30 janvier 1963 à Paris et est enterré au cimetière du Père-Lachaise.